Qu’est ce que la FoodTech ?

La réponse simple : c’est la combinaison de la technologie et de la nourriture. Mais vous devinez que la réponse complète est un peu plus complexe, n’est ce pas?

Un peu d’histoire pour commencer

Avant de parler de fermes verticales, steaks imprimés en 3D ou kit de repas livrés – un petit rappel historique s’impose.

De tout temps, l’homme a chercher à innover dans le domaine alimentaire. Si l’on se limite aux 200 dernières années en France, la FoodTech (qui ne s’appelait pas ainsi) nous a apporté Nicolas Appert et son invention de la conserve, Louis Pasteur et la pasteurisation ou encore la création de la clémentine par le Frère Clément (et oui c’est un agrume crée). Et des fois l’innovation a même été impulsée par l’Etat, avec la création de la margarine par le pharmacien Mège-Mouries, suite à un concours décidé par Napoléon III.

Alors forcément, en ce début de 21e siècle si foisonnant d’innovations, l’alimentaire subit lui aussi une transformation rapide et intéressante, qui touche tous les maillons de chaîne alimentaire. Voici, un rapide état des lieux des principales transformations apportés par la FoodTech et présentées sous la forme des mots-valise anglophones un tantinet barbares (les buzzwords!)

Agritech: ou la nouvelle révolution agricole

Comme son nom l’indique, l’agritech est l’intersection de l’agriculture et de la technologie. Et l’agritech ne cherche plus seulement à optimiser les rendements grâce aux fertilisants ou tuer les insectes avec le Round Up:-( Non, aujourd’hui l’agritech veut faire sortir l’agriculture de son pré-carré originel : les champs!

Ainsi, une start-up parisienne fait pousser des fraises dans des conteneurs en ville (Agricool à Bercy). A Singapour ont déjà été érigées mille mini-fermes verticales de 6 mètres, lesquelles produisent 800kg de choux et épinards par jour! Et à Montréal la végétalisation high-tech des toits industriels permet à la start-up Lufa de commercialiser 5000 paniers fruits&légumes par semaine.

Mais ne vous inquiétez pas, l’agritech n’oublie pas les champs pour autant. Les drones sont devenu depuis plusieurs années un excellent outil de surveillance mais aussi d’épandage (ex : AirInnov), le big data est promu aussi bien par des start-ups que par les plus grandes coopératives agricoles (ex: invivo en France)

Bref, le slogan de l’agritech pourrait être: agriculture, everywhere for everybody !

Food 3D Printing: imprimons les aliments (au lieu de les cuisiner)

Vous avez peut-être déjà entendu parler du premier steak 100% cultivé en laboratoire (à partir de cellules souches) par une équipe néerlandaise. Son coût: 250 000 dollars. Son goût : « intense et texture proche de la viande », selon les 2 personnes ayant goûté ce steak si particulier.

Mais sans aller dans l’extrême de la viande 100% in-vitro, saviez vous que l’impression 3D s’est emparée depuis un an ou deux de l’alimentation?

Pour ce qui est de l’alimentation plaisir, des imprimantes 3D utilisant le chocolat ou le chewing-gum existent déjà sur le marché (ChocCreator et Gumlab). Et des machines plus généralistes sont en train de sortir comme la ChefJet Pro et s’appuyant sur 3 manières d’assembler les ingrédients : l’assemblage de poudres, le couche par couche ou encore le laser.

Enfin, sachez que la NASA, IKEA (pour leurs boulettes de viande iconiques) ou encore GE (pour des machines à café) ont tous déjà financé des concours de création culinaires 3D … bref notre bon vieux four va bientôt subir un sacré coup de jeune!

Food Delivery: ou le livreur de pizza réinventé

La livraison de repas (food delivery en bon buzzword!) a été le secteur de la foodtech qui s’est le plus développé en 2015. Amis parisiens, vous avez sûrement vu les nombreuses publicités d’AlloResto, Foodora, Deliveroo …

Et l’ogre Uber est arrivé sur ce marché. Amazon aussi … Ça se trouve dans un an ou deux, Netflix nous livrera le popcorn pour accompagner le binge-watching de séries:-)

Bien sur la food delivery consiste principalement en la livraison d’un repas de restaurant à domicile/au bureau, le tout commandé depuis une application mobile. Mais c’est aussi tellement plus.

Tout d’abord, des restaurants 100% digitaux se sont crées, qui ne font que de la commande en ligne/via l’application. (FoodChéri, Nestor …) Leur carte change tous les jours, et le prix est fixe livraison incluse. Bref, le bon vieux Pizza Hut, remis au goût du jour 2.0 …

Mais la food delivery ne vous livre pas toujours un plat préparé.Il y a par exemple la livraison de kits repas frais, déjà prédosés, prédécoupés et avec la recette qui va bien (Cook Angels ou Les Commis en France ou encore Blue Apron aux US). Mais le kits aussi ont leur variation, avec les kits de produits longue conservation sur une thématique (cuisine d’un pays ou vegan …).

Et il y a aussi plein de nouveaux concepts, comme la livraison de courses entre particuliers ou encore la cuisine collaborative ou plusieurs personnes se retrouvent chez un hôte pour préparer ensemble un ou plusieurs plats.

Finalement, comme nous sommes de plus en plus urbains, connectés et qu’on aura toujours besoin de manger 3 fois par jour … je fais le pari que la food delivery a encore de beaux jours devant elle.

AntiGaspi: des idées intelligentes pour gaspiller moins

C’est bien connu, l’innovation se veut aussi socialement responsable. Et dans le domaine de la lutte anti-gaspi, ces dernières années ont vu naître plusieurs excellentes initiatives pour diminuer notre gaspillage alimentaire.

Pour commencer cocorico avec 2 start-ups françaises OptiMiam et ZeroGachis qui proposent via des apps mobiles d’acheter moins cher et près de chez soi des produits qui sont sur le point d’expirer.

Certaines boulangeries le faisaient déjà en vendant à moitié prix les viennoiseries du matin / de la veille, mais si la techno mobile permet de le faire à plus grande échelle et sur plus de produits – c’est tant mieux !

Le même principe appliqué au B2B (excédents de restaurants, cantines d’entreprises ….) a déjà vu le jour à Boston, au Canada ou encore à Dublin. Des initiatives voient aussi le jour en Afrique avec des frigos connectés et autonomes en énergie!

Et même Watson, le superordinateur d’IBM s’est lancé dans la lutte anti-gaspi avec la création de recettes culinaires optimisées à partir des restes ou d’ingrédients à priori peu compatibles.

Qui eut l’eu cru, mais peut-être que le smartphone sera un des outils de demain pour lutter contre la faim dans le monde !

Le mot de la fin : Bon (tech) Appétit à la française.

Pour finir, nous avons la chance en France d’être un pays de gastronomie, avec une histoire reconnue (même par l’UNESCO) mais aussi avec des start-ups foodtech fleurissantes. De plus, on compte en France de nombreuses initiatives et structures d’accompagnement de la filière foodtech ! Tellement nombreuses et diversifiées qu’elles feront l’objet d’un article dédié.

Bon (tech) Appétit !

 

Cet article a été pour la première fois publié sur la page Linkedin Pulse de Vasilije Budimlija

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